La chronique
Révélé par l'écrasant succès de Parce qu'on vient de loin, Corneille n'a pas réussi, au fil du temps, à soulever un enthousiasme identique auprès du public français. Les Inséparables, son cinquième album, est un disque attachant qui ravive son talent d'auteur-compositeur-interprète.
Le premier titre annonce cette renaissance. « Jamais trop tard pour repartir à zéro » dit Corneille dans « L'espoir en stéréo », un morceau mélodieux qui rappelle la musicalité «R&B-hip-hop » de ses débuts. Même impression avec le joli single « Le jour après la fin du monde ». « Quand Paris t'appelle », un morceau rythmé, léger, revient sur son « bien vieil amour » avec Miss Lumière. On peut oublier « Dis-moi que tu m'aimes » et lui préférer « Tous les deux », pastille énergisante.
Corneille avait réussi l'exploit d'écrire des textes chargés de sens, marqués par sa tragique histoire, sur une musique pas destinée à la langue de Molière. Cet album porte encore sur quelques titres, la trace d'une écriture travaillée. Dans « Les Inséparables », il ne parle pas de son fils, il s'en charge dans « Tout ce que tu pourras », mais des multiples identités qui le constituent.
Pour la première fois, le chanteur accorde une large place au rap, avec pas moins de trois featuring. La Fouine apporte un peu de rugosité au touchant « Des pères, des hommes et des frères ». Soprano donne de l'énergie à « Au bout de nos peines ». Mais c'est surtout dans le bonus track qui avait lancé cet album, « Le meilleur du monde » en duo avec TLF que la sauce R&B / rap fonctionne le mieux. Reste à savoir si le public et Corneille vont redevenir « Inséparables ».
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