La chronique
Une chevelure rousse dégagée. Une chemise à carreaux. Un paysage flamboyant en arrière-plan. Isabelle Boulay a le sens de la pochette pour nous transporter dans Les Grands Espaces. Un bel album intemporel aux sonorités folk et country, entre ballades inédites et reprises très variées.
Isabelle Boulay a de nouveau fait appel à Benjamin Biolay, avec qui elle a travaillé sur ses précédents albums. Ce que l'on lui doit ici, hormis une intervention d'instrumentiste (trompette, orgue), un morceau qui sied parfaitement à la Québécoise (« Voulez-vous l'amour ? ») et un duo qui sent bon la route sur « Summer Wine » de Lee Hazlewood et Nancy Sinatra, c'est la réalisation du disque. Biolay a su par son talent de musicien donner une cohésion à ce projet ambitieux.
Miss Boulay parcourt sans s'éparpiller les univers les plus éloignés dont celui de Jean-Louis Murat dans le troublant « Amour aime aussi nous voir tomber ». Boulay a sollicité des plumes moins connues, Mario Leblanc sur « Fin octobre, début novembre », jolie mise en bouche de l'album, les Américains Ross Copperman et Alyssa Bonagura pour « All I Want Is Love » et le Québécois Steve Marin pour « Les Grands espaces », un titre chaleureux qui colle à l'ambiance automnale.
Côté reprises, la chanteuse offre un travail d'interprétation tout en retenue. Elle reprend « Souffrir par toi n'est pas souffrir » de Julien Clerc, « Où va la chance ? » de Phil Ochs dans une version popularisée en 1968 par Françoise Hardy et « Jolie Louise » de Daniel Lanois, à la sauce cajun. Mention spéciale à la reprise du touchant « Mille après mille », écrit par Gérald « Gerry » Joly.
L'artiste présente en conclusion une version sensuelle de « At last » de la chanteuse de jazz Etta James qui ne dépareille pas avec le reste du disque. Cerise sur le chapeau, la présence de la superstar Dolly Parton sur « True Blue ». Vous reprendriez bien un peu de country pour l'hiver ?
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