La chronique
Ridan a conçu ce premier album à la manière d’un autoportrait où chacun des traits de sa personnalité y est poussé à l’extrême. Caricature cynique de la société et de lui-même à travers elle. Sa prose est amère mais c’est la vie qui est dure, pas ses mots, comme il aime à le rappeler.
A l’écoute des deux premiers morceaux , on comprend déjà que Ridan oscille entre la volonté de rêver à une vie meilleure dans « Le Rêve », sur fond de violons tziganes, et une vision fataliste d’une réalité qui le rattrape et qu’il nous livre dans « Le Quotidien ». C’est d’ailleurs grâce à ce dernier titre , paru sur l’enregistrement Chroniques d’Alger resté inédit, qu’il signe ce premier disque. Entre lucidité et sensibilité, Ridan chante sa poésie, tantôt mélancolique, tantôt dénonciatrice, souvent habillée de métaphores, sur un lit musical varié mais voulu léger pour laisser la place aux mots. Guitares, violons et pianos contre-balancent les propos acerbes et la sobriété du ton.
La solution à ce dilemme intérieur se trouve sans doute loin de ce monde de « Pauvres cons », pressé, cupide comme dans « Partie de golf », intolérant comme dans « Flic and blues », pour l’artiste qui s’invente un refuge dans « L’agriculteur » . « Le Rêve ou la vie », titre resté volontairement instrumental et placé au beau milieu de l’album ressemble à une trêve dans ce combat intérieur avec lui-même. L’album prend même parfois une autre tournure comme si l’essentiel avait été dit. La rage exultée, le poète apaisé. Ridan se permet alors sur certains titres d’expérimenter artistiquement, chante l’amour sur du reggae dans « Woman », raconte en piano-voix à travers « Demain » le monde qui attend l’enfant qu’il aura sans doute un jour.
Malgré l’amertume et les désillusions du chanteur, Le Rêve ou La Vie est pourtant un album qui respire la vie, celle d’un banlieusard qui étouffe mais cherche résolument l’oxygène dans la possibilité d’un monde meilleur.
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