La chronique
La chanteuse timide qu’était Chimène Badi a mûri et ce troisième album porte les marques de ce changement. Connue depuis quelques années comme chanteuse de variétés, elle refuse de se cantonner à cette étiquette et, à force de persuasion, finit par imposer ses choix à sa maison de disques. C’est avec 30 kilos en moins et une direction musicale différente de ses précédents disques qu’elle sort son troisième album intitulé Le Miroir.
Celui-ci s’attaque à un registre beaucoup plus soul et rhythm ’n’ blues : « C'est important que mon public découvre cette facette de moi. On m'a toujours vue comme la fille qui chante de grandes ballades. J'aime ça la variété, ça me vient de ma mère (...) Mais j'adore aussi Stevie Wonder ou Ray Charles... J'ai envie de bouger, de danser sur scène. C'est un exutoire pour moi. Comme si je tapais dans un punching-ball »*.
« Tellement beau », le premier extrait du disque, est initialement une ballade signée Diane Warren pour Céline Dion, sous le titre « Would I Know ». Résolument plus personnels, les quatorze titres de l’album reflètent le caractère de Chimène Badi, ses envies et ses désirs, ses émotions, ses joies et ses colères. A vingt-quatre ans, elle fait preuve, sur « Cent ans si tu m’aimes » et « Mot à mot » de fougue et de conviction, mais aussi et surtout les femmes : « Tu me manques déjà », « Malgré tout » et « Face ».
Le Miroir a été enregistré entre Paris et Los Angeles avec l’aide de Guy Roche à qui Chimène Badi doit « l'art de la nuance ». En effet, même si la performance vocale est toujours au rendez-vous, elle est ici plus mesurée, plus retenue que sur les précédents disques, prenant parfois des accents plus graves.
(*) Interview à Téléstar (2-16 décembre 2006).
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