La chronique
Si Orelsan avait appelé un de ses premiers titres Le Chant des Sirènes, il aurait probablement moins connu le poids du buzz qu'avec son controversé « Sale pute ». En 2009, le texte jugé comme une apologie de la violence conjugale l'avait conduit à être déprogrammé de plusieurs scènes.
Du coup, l'album reflète en partie l'expérience d'un rappeur passé au crible des medias. Cette notoriété soudaine, Orelsan a failli la fuir définitivement pour retourner à l'anonymat. Il l'explique dans l'explosif « Raelsan ». Il répond à celles qui l'ont scotché sur le banc des accusés. « Merci pour le coup de pub, merci les Chiennes de garde pour le coup de pute ». Ca c'est fait.
Qui se cache derrière le chant homérien ? Orelsan n'a pas changé même si le look vestimentaire a évolué. L'album est un concentré de noirceur, chargé en formules décapantes, cyniques et désabusées (L'imparable « Plus rien ne m'étonne »). Côté musical, le mixage met en valeur le flow clair du rappeur, mais le son rétro-futuriste selon l'expression d'Orelsan est vite fatiguant.
Orelsan pratique à nouveau un rap entre réalité et fiction qui déroutera les inaccoutumés du format. « Suicide social » est un sommet du genre, où un dépressif aligne les clichés sur toutes les composantes de la population. A voir jusqu'où le second degré sera entendu. Au texte gentiment provocateur de « Double vie » sur un mini-DSK, répond le sentimental « Finir mal ». On peut zapper « La Terre est ronde » qui n'a rien à envier au « Heal the World » du géant Jackson.
Dans l'interlude « 1990 », le B-Boy Orelsan nous fait le coup de la nostalgie hip-hop. En « 2010 », on le retrouve dézinguant à tout va, la plume de Grégoire et le téléchargement illégal. « La Mort s'en bat les couilles de ta vie » est la sentence finale de l'album. La messe est dite.
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