La chronique
Sorti après cinq années de silence, Lágrimas y Gozos est le sixième album studio de Ska-P, groupe qui s’était remis en question après les deux bons (mais répétitifs) albums qu’étaient Planeta Eskoria et ¡¡ Que Corra la Voz !!.
La remise en question n’a, semble t’il, pas vraiment servi puisque la formule de la bande à Pulpul est toujours la même : de l’indignation, du Ska-Punk et de la festivité au nom d’une révolte un peu adolescente. Le cocktail étant composé, la dégustation s’impose.
Si musicalement Ska-P n’a que peu évolué depuis ses derniers albums, on peut noter un retour à la poilade et à la dérision là où ¡¡ Que Corra la Voz !! se prenait peut-être un peu trop au sérieux.
Sans surprises, Ska-P tire sur toutes les ambulances du moment : la mondialisation, Nicolas Sarkozy et le conservatisme en général, mais réussit à y mettre tout de même de l’humour, faisant ainsi le distinguo avec le prophétisme révolutionnaire un peu ennuyeux des deux derniers albums (le syndrome Manu Chao sans doute).
Même si Pulpul se prend un peu trop au sérieux dans son rôle de Fouquier-Tinville espagnol ou de Torquemada anar, le libertaire ibère réussit à mener tambour battant un album qui s’inscrit dans la lignée de la production précédente de Ska-P sans pour autant tomber dans le copier/coller (autre syndrome Manu Chao, décidemment...)
Benjamin d'Alguerre
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