La chronique
La Fouine fait partie de ces rappeurs français, qui ont su tirer leur micro du jeu, malgré un marché sclérosé. Il sort déjà un quatrième album au titre explicite, La Fouine vs Laouni, confrontation classique entre le MC et le jeune homme devenu artiste, après plusieurs périodes sombres. Qui dit « dédoublement de personnalité », dit double CD, avec pas moins de 25 titres !
Côté La Fouine, on sort le package hardcore, « Veni Vidi Vici » sur son parcours dans la rue, le charmant « Fouiny Juice », le règlement de comptes « Nhar Sheitan Click », les jalousies dans « Laisse-les parler », un des meilleurs morceaux. « Caillera for Life », un duo en français (!) avec le rappeur américain The Game s'impose également comme un hit. Avec son frère Carnado, Soprano, Seth Gueko, Nessbeal et Admiral T, il forme une team inédite dans « Bafana Bafana Remix ». Avec ce premier CD, La Fouine réussit un parfait exercice d'ego-trip qui répond aux codes du genre. Malgré plusieurs sons lourds, l'album souffre d'un léger manque de variété.
Côté Laouni, on sort le package introspectif. Il raconte le temps où sa mère « faisait ses courses chez Coluche » (« Débuter en bas »), rend un hommage aux siens (« Papa »), analyse ses années d'errance (« M'évader »), la soif de succès (« La Lumière»). Rien de bien neuf, mais le rappeur se livre avec sensibilité. Les instrumentaux sont mélodieux, voire très pop (« Là-bas »). Dans « Les Vents favorables », Laouni exécute avec délectation une ballade printanière à l'opposé de son style ! Il chante lui-même, mais on note des voix féminines dont celle de Zaho (« Elle venait du ciel »). Laouni de Trappes ferait presque de l'ombre à La Fouine, « coureur de Vuitton ».
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