La chronique
Les doubles albums du rap se comptent sur les doigts d’une main ; or, c’est devenu la spécialité de Rohff. Pour cette première salve, il renforce ce qui définit son style. D’un côté, des morceaux introspectifs et réfléchis. De l’autre, des petites bombes à fragmentation, agressives et souvent construites sur des sons électroniques, qui font l’ordinaire des autoradios et des clubs, et dont la réalisation se partage essentiellement entre JR et Sayd des Mureaux, deux producteurs affûtés.
En invitant quelques voix R&B, du calibre de Wallen, J-Mi Sissoko ou Kayna Samet, il s’assure des refrains qui séduisent les radios, tandis qu’il rassure la rue en s’offrant des featurings de Kery James, Intouchable, Alibi Montana ou Expression Direkt. L’écueil de la durée est aplani par la diversité des sons, des ambiances et des thèmes : avec ce disque touffu, Rohff affirme sa place de rappeur incontournable et sa personnalité unique.
Jean-Eric Perrin
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