La chronique
La Chance. Anis l’a croisée à plusieurs reprises sur son parcours avant d’enregistrer cet album dans les mythiques studios Gang. Lui qui a arpenté le métro parisien en chantant rend d’abord hommage à sa ville, « Cergy », « La ciudad où j’ai grandi / Je l’aime autant que je l’ai maudit » dit-il.
Morceau entêtant, texte fédérateur, le reggae-blues « Intégration » fait partie des titres efficaces de cet album riche et varié, idéal pour le live. L’air manouche d’« Avec le vent » vous transporte dans les cieux tandis que le reggae « Métro » vous ramène sous terre, souvenirs de son expérience entre les wagons. Humour décalé, reprise d’un refrain des Fugees (« Fu-gee-la »), Anis rappelle ses hésitations de chanteur dans « J’aurais voulu être un MC ». Et il poursuit l’autocritique savamment dosée avec swing dans « Oisif ». Puis reprend la route, cette fois-ci direction le Mexique, dans le nonchalant « Louise et Telma ».
Après quinze chansons, le terminus n’a pas lieu à Cergy, mais quelque part entre la Jamaïque et le sud des Etats-Unis. L’album se referme sur « Reggablues », hymne au voyage musical et sentimental.
Paula Haddad
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