La chronique
Voilà un projet que l'on n'attendait pas. Musical, engagé et pédagogique selon l'initiateur, la marque Acadomia. De fait, La Bande des Mots rend hommage à douze poèmes de la littérature française à travers des artistes. Les bénéfices de cette opération seront reversés à deux associations d'assistance aux élèves en difficulté et aux élèves handicapés : Zup de Co et ALPC.
L'album contient quatre perles connues du public, pas forcément des jeunes : « Le Pont Mirabeau » d'Apollinaire mis en musique par Marc Lavoine, « Il n'y a pas d'amour heureux » d'Aragon / Brassens repris par Françoise Hardy dans Comment te dire adieu ?, « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » par Aragon / Ferré et Claude Nougaro qui chantait « A Musset » en 1971. De son côté, la jeune génération réserve de bonnes surprises. Camélia Jordana a elle-même composé la musique qui habille « Spleen » de Baudelaire. Une expérience sonore surprenante, qui commence comme du Baudelaire par Farmer mais apporte ensuite une vraie plus-value. Jenifer a fait appel à Charlène Juarez dit Chat pour mettre en musique « Je te l'ai dit pour les nuages ». Le mix entre Eluard et son moderne fait également mouche. Sur une pop langoureuse de Bertrand Burgalat, Luce fait honneur au « Il pleut doucement ma mère » de Maurice Carême.
Oxmo Puccino scande « Les Assis » de Rimbaud, mis en musique par Léo Ferré. De quoi rappeler que rap et poésie font encore bon ménage quand le MC assure. Mention spéciale à Babx qui transforme « La Mort des amants » de Baudelaire en une odyssée rock ! Seule erreur, Elie Semoun qui flingue « Demain dès l'aube » de Victor Hugo sur de la bossa d'ascenseur... Sinon, pari gagné. L'album donne envie de fredonner ces textes. De quoi revigorer les artistes eux-mêmes ?
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