La chronique
Keny Arkana fait partie de ces artistes qui tracent leur route, hors de toute médiatisation. La rappeuse qui a débuté en 1996 revient avec L'Esquisse 2. Un album de vingt morceaux, composé de quelques titres fleuves de 7 minutes (« Une décennie de siècle », « De l'opéra à la plaine »).
L'artiste n'a pas changé son fusil d'épaule. Altermondialiste, anarchiste, (gentiment) révolutionnaire. Autant de qualificatifs pour le rap rugueux d'Arkana. « V pour Vérités » dénonce le discours du JT. « Je passe le salut » incite à lever son poing. « Hors game » place encore la rappeuse en dehors des règles du jeu. Un des rares titres qui présente une mélodie identifiable.
Dans « A la vibe & mektoub », elle accélère les BPM pour rappeler sa distance avec tout media. Elle sort une guitare printanière dans « Nature sauvage ». L'ensemble reste très répétitif. La musique apparaît ici comme un support pour mettre en valeur les textes, véhicule du message.
Pause Révolution. La Marseillaise se détend. Elle fait un clin d'?il au rap phocéen, du temps où tout l'Hexagone rappait avec l'accent (« Marseille » feat. Kalash L'Afro & RPZ). Elle conclut par « Odyssée d'une incomprise » où elle revient sur son parcours chaotique, de foyers en foyers. L'heure de passer de l'esquisse au dessin ?
Paula Haddad
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