La chronique
L'entrée dans la première décennie du 21ème siècle fut une épreuve douloureuse à laquelle s'est ajoutée une discographie moyennement inspirée pour le groupe californien. Brian Welch (plus connu sous le nom de Head) voit la lumière avant de quitter le groupe en 2005. Il décide de délivrer la parole de Dieu à travers sa musique et part se la jouer solo. David Silveria arrête les frais l'année suivante, laissant la batterie à de grands noms comme Terry Bozzio, Brooks Wackerman ou Joey Jordison le temps de sessions studios ou de rares apparitions live. Après avoir essayé d'obtenir le plus gros son de la planète en 2002, viré quasiment dancefloor en 2005 puis livré coup sur coup un passable Unplugged suivi d'un album sabré par la critique en 2007, Korn revient plus humble le temps d'effectuer quelque pas en arrière.
Renouer avec ce qui a fait son succès, revenir aux basiques et oublier un instant les égarements expérimentaux approximatifs, tel fut le programme suivi par le trio auquel est venu s'ajouter le batteur Ray Luzier (ex-Army of Anyone, David Lee Roth Band...). Pour ce faire, Jonathan Davis et ses acolytes ont donc décidé de retourner travailler avec Ross Robinson, l'homme à l'origine de leur son et producteur des deux premiers albums. Un choix qui explique le chiffre III apposé juste après le nom du groupe sur le visuel de ce disque. En effet, c'est un retour aux sources.
Korn en viendrait presque à nous surprendre. Non pas en proposant quelque chose de neuf mais juste en revenant vers des terres qu'on pensait à jamais perdues et rayées de la carte. Ceux qui juraient que les chefs de file du neo-metal ne sauraient plus jamais jouer comme avant s'étaient donc un peu emballés. Les automatismes d'antan reviennent vite... et le son allant avec aussi. Le groupe est juste plus carré, le jeu de Luzier étant souvent plus inspiré que celui de son prédécesseur. « Pop a Pill »,« Fear is a Place to Live » et « Let the Guilt Go » en sont de merveilleux exemples. De nouveau sur un 24 pistes analogique en ayant le moins possible recours à l'informatique, des effets vintages sous les pieds, Korn reste un groupe à la fois metal, dansant et groovv, son chanteur oscillant entre pleurs et hurlements, une maîtrise de ses parties chantées beaucoup plus affirmée que par le passé.
Même si il a tendance à se tasser un peu sur la longueur, Remember Who You Are reste néanmoins un très bon cru. Un retour aux sources que certains trouveront opportuniste là où les nostalgiques de la grande époque célèbreront leurs retrouvailles avec ceux qu'ils croyaient égarés. Peut-être pas leur meilleur disque mais un album situé largement au dessus des quatre précédents. Il était temps.
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