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Paul McCartney

Kisses On The Bottom

Paul McCartney
Album
Durée : 49:12
Genre : Pop, Rock
sur 0 votes
Universal, 2012
Label: Universal Music Division Classics Jazz
MP3 - poids : 113 Mo
Interprète(s) : Paul McCartney
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Écouter un extrait 12 - Get Yourself Another Fool 04:41 1,29€
Écouter un extrait 13 - The Inch Worm 03:42 1,29€
Écouter un extrait 14 - Only Our Hearts 04:21 1,29€

La chronique

Le génie mélodiste et musicien touche-à-tout (on connaît son goût pour la musique classique et les possibilités électroniques des machines modernes) aura donc attendu son quinzième album studio - et 35ème toutes catégories confondues - pour rendre hommage à un certain jazz, genre par ailleurs éloigné de ses propres années de formation, lui qui fête au mois de juin 2012 son 70ème anniversaire : d'un titre d'album inspiré par une chanson de Fats Waller à une production assurée par Tommy LiPuma (l'un des accoucheurs de Miles Davis), Kisses On The Bottom nous offre en effet un voyage nostalgique au creux de l'Americana confortable et sereine.

Certes, on aurait pu espérer qu'après un silence discographique de plus de cinq années, l'ex Beatles aurait porté son effort sur un répertoire essentiellement original, d'autant que son audience fidèle n'est pas forcément habituée aux subtilités du jazz. En outre, son choix de partitions du milieu des années cinquante peut surprendre...puisque, après tout, Ringo Starr reste, avec l'album Sentimental Journey, le premier garçon dans le vent de Liverpool à s'être offert un voyage dans le passé. Mais il est clairement établi que, par l'humour sous-jacent, la légèreté induite des interprétations de standards - ou thèmes plus confidentiels - signés Irving Berlin ou Ray Henderson, et immortalisés en leur temps par Nat King Cole ou Ella Fitzgerald, cet album revient de manière pleine et entière à son créateur.

Au chapitre des crédits du disque, les orchestrations s'affichent dans une pure magnificence, en réminiscence des très riches soirées en smokings et robes de soirée du Carnegie Hall. La colonne débit s'alimente d'un évident constat : McCartney est un chanteur surdoué de pop music, mais lui font défaut la profondeur et le swing nécessaires au genre, d'autant que le redoutable temps qui passe diminue sa puissance évocatrice. Mais le charme perdure, ce paramètre aussi impalpable que nécessaire, qui sépare les exercices de style et les ?uvres racées et adorables. Pour ce qui est de la liste des invités à la party, il n'a manifestement eu qu'à ouvrir son carnet d'adresses, convoquant Eric Clapton (« My Valentine », composition du patron), l'harmonica de Stevie Wonder (« Only Our Hearts », autre inédit), et Diana Krall, un peu partout en choriste de luxe et pianiste, et confiant même au Britannique son propre groupe.

Le plus troublant de l'aventure reste que les deux compositions originales du programme s'intègrent parfaitement à la sélection, sans heurts ni anachronisme. Et le plus séduisant est que, loin des accidents industriels concoctés par Rod Stewart dans semblable registre, Kisses On The Bottom délivre des instants de pure sérénité, ourlée de la capacité du bonhomme à pratiquer le second degré jusque dans ses vocalises. Á noter que l'album bénéficie comme à l'accoutumée d'une édition deluxe , incluant codes d'accès, et cartes postales, ainsi que deux inédits, dont un « Baby's Request » composé par McCartney.

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