La chronique
Pour Nigerian Wood sa sortie de 2008, Keziah Jones n'hésite pas à se rappeler le temps où il faisait la manche dans le métro. Pour son lancement, il donne un concert exceptionnel dans le métro parisien à la station Miromesnil.
Tout au long des douze titres de Nigerian Wood, l'enfant de Lagos nous gratifie de son jeu de guitare slammé, de sa voix caressante si aisément reconnaissable. Son funk urbain, épicé de son âme africaine, sait toujours faire vibrer les pulsations enfouies des citadins occidentaux. Inspiré, il délivre un « Beautifulblackbutterfly » pour toutes les jolies filles des trottoirs du monde entier. « Lagos vs New York » est l'objet d'une confrontation toute musicale, où l'Afrique gagne avec l'aide de cuivres bien ronflants et d'un refrain aérien. Le titre « Nigerian Wood » bénéficie d'un rythme implacable, marque de fabrique du musicien qui sait concilier Fela Kuti et James Brown.
Album résolument moderne et pourtant si proche des racines, Nigerian Wood se conclue par l'ambitieuse suite de « My Brother ». Les 11 minutes et 43 secondes de la chanson sont introduites par des cordes mélancoliques, mais qui est ce mystérieux « frère » ainsi appelé comme dans une incantation ? Peut être Jimi Hendrix, l'album ayant été enregistré au studio Electric Lady à New York ? Plus certainement James Brown dont le prénom est ensuite psalmodié avant l'explosion finale où Keziah déclame « Brown, like James Brown ».
L'album est attendu, Keziah Jones n'a publié qu'un Best Of depuis le Black Orpheus de 2003, il est clairement apte à ravir les fans. Il sort en version 2cd avec dix titres supplémentaires qui ne font que prolonger le plaisir. Nigerian Wood s'inscrit sans conteste parmi les albums réussis de l'année 2008.
François Alvarez
Réagissez