La chronique
En dépit d'un flow à l'ébouriffante énergie pour placer ses riddims, Krys pratique un dancehall hardcore bien trop brouillon. Surtout, il oublie en chemin que le dancehall est censé véhiculer des rythmes issus du reggae.
K-Rysmatik propose un dancehall digital, uniquement destiné à la danse, dès lors les textes revendicatifs de Krys se trouvent noyés dans l'effervescence des rythmes. « K.r.y.s. », le titre de présentation en ouverture, laisse pourtant augurer du meilleur, c'est un véritable titre dancehall de niveau international.
Ensuite les titres digital hardcore s'enchaînent et se ressemblent, « Caroline » relance l'intérêt avec des variations bienvenues et un texte travaillé. « Avec le temps » fait perdre le sien à l'auditeur avec une ballade sur rythme de piano latino, l'exemple même d'un titre superflu.
« Dangereuse » est le tube de l'album, sa réussite tient beaucoup à une utilisation de percussions plus antillaises que jamaïcaines, Krys a peut-être le tort de se tromper de racines. « Arno » et son humour créole vient accréditer cette thèse, le talent de Krys ressort plus sur les titres les moins dancehall, comme s'il avait endossé des habits de circonstance mal taillés pour lui.
Krys respire le talent, il s'égare malheureusement sur des voies peu faites pour lui, il se sert du dancehall au lieu d'approffondir un univers plus proche de ses véritables racines.
François Alvarez
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