La chronique
Qu'il est déjà loin le temps où The Kooks rêvaient de succès sur les bancs de la Brighton Institute of Modern Music... Inside In-Inside Out, leur premier album paru en 2006, les avait propulsés en première ligne de la masse compacte des groupes pop britanniques. Et Konk en 2008 avait fini d'achever l'ascension des Kooks, groupe solaire à la spontanéité et à la modestie touchantes.
Produit par Tony Hoffer (Beck, Air, Depeche Mode...), Junk of the Heart marque un tournant dans la carrière des Anglais. Finie l'énergie folk survoltée des débuts, qui avait la qualité et le défaut de partir dans tous les sens. Ici, n'ayons pas peur de dire que The Kooks ont mûri (parfois les banalités ont du vrai), ou en tous cas ont su contenir leurs appétences folk, pop et rock adolescentes dans une musique plus arrangée, moins exaltée. Au final, The Kooks a évolué. Et c'est toujours une bonne nouvelle.
Dans les faits, si quelques titres, comme le poussif « Taking Pictures of You » (The Kooks ont mûri oui, un peu trop peut-être ?), le dégoulinant « Killing Me » ou le trop facile « Rosie » empêchent à Junk of the Heart de rivaliser avec la fulgurance de Inside In-Inside Out, force est de constater que The Kooks sait déverrouiller sa créativité, notamment grâce à l'évidente splendeur mélodique de Luke Pritchard sur certains morceaux, essentiellement sur « Is It Me », sans doute l'une des meilleures chansons de la courte carrière du groupe. Une véritable pépite pop qui tutoie la perfection dans les refrains
À l'heure où tout va trop vite, où les groupes passent par l'oreille grâce à leurs singles et de moins en moins grâce à la qualité intrinsèque d'un album, ce simple tour de force devrait permettre au groupe de garder sa place sur l'une des plus hautes marches de l'escalier de la pop anglaise.
Arnaud de Vaubicourt
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