La chronique
On ne remerciera pas un célèbre logiciel de retouche pour cette pochette kitsch où Johnny Hallyday, la mèche sculptée et le muscle saillant, semble avoir appelé un de ses sosies. Jamais Seul marque le retour de celui sur qui on a tout écrit depuis qu'il a failli laisser ses santiags à l'hôpital.
Mathieu Chédid alias M, a été chargé de la production, pour cet album qui se veut blues et rock. Si dans Rock'n'Roll Attitude, Johnny chantait « Seul mais pas solitaire », ici, il s'affirme « Jamais seul ». Un premier single très sobre où une guitare électrique qui semble venir du fin fond du Far-West soutient la mélodie, moins massive qu'on aurait pu imaginer pour ce come back attendu.
« La Douceur de vivre » est un blues agréable écrit par Maxim Nucci alias Yodélice. Un appel à devenir meilleur chaque jour, mais servi par un texte extrêmement plat. « Guitar Hero », hommage à Jimi Hendrix, qui a fait la première partie de Johnny en 1966, montre que le chanteur en a encore sous la semelle, lui qui a failli perdre sa voix à cause de ses problèmes de santé. Autre tribute, aux Beatles et aux Rolling Stones, dans « Paul et Mick », un titre nostalgique. « England » en duo avec M sort du lot ; Johnny se fond bien dans l'univers de Mathieu Chédid.
Le reste de ce 48e album studio dissimule mal ses faiblesses. Après avoir eu pour parolier Michel Berger, Jean-Jacques Goldman ou Miossec, Johnny dit les mots d'Hocine Mérabet, coach sportif du film Les Petits mouchoirs. Et on est très loin de l'intensité du passé ! Johnny enchaîne les phrases insipides (« Dandy, c'est pas moi qui l'ai dit »), les jeux de mots convenus (« J'ai beau toucher du bois, j'aurais jamais tes doigts ») et les niaiseries sur sa fille (« Jade dort, j'adore regarder Jade quand elle dort »), qui ferait passer « Mon plus beau Noël » pour un chef-d'?uvre.
« Tanagra » a été écrit par Brigitte Fontaine. Avec ce titre, Johnny a fait son grand retour sur scène, fin 2010, aux côtés de Mathieu Chédid, l'interprète d'origine. « Jolie Tanagra, tu me fous la gaule » clame le taulier dans cette reprise. On ne peut pas en dire autant de Jamais Seul.
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