La chronique
Il faut bien parler de l'affiche, avant, cetteniconographie refusée par les professionnels de la profession de lanpublicité, et que l'on retrouve ici en illustration du recto d'unnsixième album studio (tous exercices confondus, et y compris lanprécédente livraison, sous le nom de Yellow Tricycle, sachantnqu'ici, l'une des chansons s'intitule « TricyclenJaune », et espérons que vous suivez) de Damien Saez.nDénonciation, poésie surréaliste, provocation, voire les trois,nn'ont manifestement pas séduit les ciseaux de la censure, quins'est même peu arrêtée à l'identité du signataire du cliché,nun certain Jean-Baptiste Mondino. Pourtant, « Si la photonest bonne », fredonnait Barbara, en un temps où l'onnchantait encore debout...Bien, intéressons-nous maintenant ànl'intitulé du disque : en écho à l'apostrophe d'ÉmilenZola à Félix Faure, le chanteur savoyard prendrait-il à témoinnnotre Président de la République ? Et avec quels arguments,nencore ?
nL'albumndébute par un tour de force a capella : « LesnAnarchitectures »,net ses maisons et époque sans âme, précèdent l'explosion denguitares sous influence Noir Désir (« Pilule »)n- voilà, c'est dit -, et le cisaillage de la nostalgie àngrandes lames de guitares (Y'anune époque on écoutait les Clash,nin « Cigarette »).nDès ce troisième volet d'un programme qui comprend quatorzenpièces (alors que la chanson aux couleurs très rock, « Police »,njadis disponible en téléchargement, et annoncée comme avant-gardende J'Accuse,na disparu de la sélection), la cause (close combat ?) estnentendue : Saez offre un album pour aller foutre sur la gueule ànl'injustice, et pour accueillir à grands coups de pompes l'iniquenet l'arbitraire.
C'est un peu vulgaire, dis comme cela, mais çansoulage, et permet de remettre la société de consommation (« Des p'tits sous »)nau mitan du combat. Les affres qui contribuent à nous construirensont également évoquées (« LesnCours des lycées »),net la femme (et, en particulier « Lula »)nreste l'axe majeur des plaisirs et souffrances, et, partant, denl'inspiration du chanteur. Pour le reste, lorsqu'on est pauvre,nmalade et sans emploi, reste le plus souvent simplement le cri, etnSaez le rappelle à chaque refrain. C'est sa grande force de toutnemporter (à commencer par les quelques réserves quant à sa voix,ndisons, particulière) par une énergie et une conviction (lanchanson-titre, par ailleurs premier single extrait du menu) dont onnn'a plus aucun exemple - on pèse nos mots - dans l'universnpolicé de la chanson francophone. On ne peut évacuer cettendimension de l'expression de l'artiste d'un simple haussementnd'épaules. Le problème n'est pas que le créateur de « Jeune et con »nfasse dans la chanson contestataire, la douleur reste qu'il estndésormais, à ce niveau de renommée, le seul dans ce cas.
nDonc,nl'affiche, disions-nous : étiquette commode, apparencenpratique qui permet de dissimuler la substantifique moelle, lanprofondeur de l'inspiration. Et kolossale hypocrisie d'annonceursnqui n'ont pas attendu Saez pour vendre des pâtes (ou des brocolis)nen exhibant des culs. Et la prise à témoin des plus hautsnresponsables de l'état ? Mais, ma bonne dame, ne rêvonsnpas : si aujourd'hui plus personne ne lit LanPrincesse de Clèves,npensez, les textes des chansons !
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nnChristiannLarrède
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