La chronique
Paradoxalement, la route risque d’être tourmentée pour Izia. Non pas parce que ses références (les chanteuses à voix, circa Janis Joplin, et les décharges d’électricité, en souvenirs moites de Joan Jett ou Suzi Quatro) placent haut la tige du micro : l’aplomb de ses frais dix-huit printemps s’affirment comme capables de relever le défi. Pas non plus car la jeune fille ne se contente pas d’être le type de poupée de cire que le show-business consomme avec tant de gloutonnerie, participant à la composition des douze thèmes du programme. Non pas même parce que chanter en anglais (cela dit, comment autrement vocaliser pareille inspiration branchée sur le secteur ?) défrise encore quelque peu par ici.
Il se trouve, tout simplement, qu’Izia est la fille de Jacques Higelin, et qu’aux côtés d’Arthur H ou de Maya Barsony, l’Alsacien a déjà beaucoup fait pour repeupler le paysage de la jeune musique de par ici. Cela dit, les réserves de notaire de province s’interrompent net, et dès les premières mesures d’un tonitruant « Back in Town » en ouverture scandée. Le temps, en fait, nécessaire à fouiner à la recherche d’un possible inédit de Led Zeppelin, « Lola » (sans rapport aucun avec The Kinks) pointe le bout de son nez : impertinent, heurté, et addictif, le nez. « The Train » (où ai-je mis mes vieux albums de Cactus ?) et « Hey Bitch » (où ai-je mis mes pas si vieux albums de The Breeders ?) confirment le sentiment initial : Izia est un album de rock comme on peut en enregistrer lorsqu’on a dix-huit ans (« on n’est pas sérieux quand… »), c’est-à-dire bourré d’énergie, impatient même d’achever une chanson avant d’en avoir esquissé la moindre mélodie, et joyeux comme le plaisir de sauter très haut, sur place, et sans raison.
On n’a pas la moindre idée de la carrière potentielle d’Izia, voyez. En revanche, on reste la conviction chevillée à l’âme qu’avec ce premier album homonyme, elle s’est fait (beaucoup) plaisir, et à nous, énormément. Le reste est affaire de vieux, non ?
Réagissez