La chronique
In Trance est le premier album de Scorpions confié aux soins de Dieter Dirks. L'apport du producteur est conséquent, qui discipline le jeu des hardeux de Hanovre. Il leur permet de définir un style personnel, tandis qu’ils n'étaient jusqu’alors que des imitateurs.
Passé le fétichisme trouble de la pochette, « Dark Lady » est une claque monstrueuse : Uli Jon Roth fait rugir sa guitare, écrase ses pédales d'effet, arrache le vibrato, propulse le morceau direct dans les étoiles. Sa performance est rendue possible par une rythmique implacable : dirigés par le guitariste Rudolf Schenker, basse et batterie soutiennent la cadence sans faillir.
Le groupe développe dès In Trance une de ses marques de fabrique essentielles : la capacité de varier le rythme d'un morceau, d'accélérer une ballade, de ralentir brutalement un rock. Ces lentes montées, ces coupures vives, donnent une intensité dramatique et émotionnelle aux compositions de Scorpions.Sans ce procédé, la plupart des titres sont peu imaginatifs, respectueux à l'extrême des codes du hard rock.
L'autre caractéristique du son Scorpions, c'est la voix de Klaus Meine, surtout son phrasé parfait, martelant les tempos rapides, feulant sur les moments calmes, passant aisément de la douceur à la furie.
In Trance est un album encore imparfait, mais bourré de promesses, de compositions qui ne laissent pas indifférent.
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