La chronique
Après deux années de répit, les Arctic Monkeys se sont remis au travail. Le résultat s’appelle Humbug, avec, à la production, Josh Homme de Queens of the Stone Age et James Ford de Simian Mobile Disco.
La clarté du son et la puissance des rythmiques introduisent en force ce troisième album très attendu. « My Propeller » rappelle que les Arctic Monkeys ne sont pas là pour seulement gratouiller des guitares. Malgré l’orientation pop de certains morceaux (« Crying Lightning » ou la ballade « Cornerstone »), c’est toujours à un rock sans aucune concession que l’auditeur des Arctic Monkeys a affaire. « Dangerous Animals », servi par le chant sensuel du crooner crapuleux qu’est Alex Turner, ne lésine pas sur l’effet des basses. Le sombre « Fire and the Thud » est hanté de chœurs qui ne sont pas sans rappeler Jim Morrison, le Roi Lézard. Et pour cause, l’album a été enregistré entre Los Angeles et le désert de Mojave.
Comme on peut l’entendre tout du long des dix chansons que constituent Humbug, les seventies ont tapé aussi fort que le soleil sur la tête du quatuor. « Dance Little Liar » s’amuse de la country et du vocoder, dégageant des effluves de road trip et de séjours ensablés. Le tout simplement juste « Secret Door », la marche dansante de « Position Approaching » ou le punk métallique de « Pretty Visitors » contribuent à faire de Humbug un album réussi, tenu en haleine par Alex Turner du début à la fin. Et la fin est très belle, en forme d’incantation rock qui s’appelle « The Jeweller’s Hands »… Les chamanes ne sont pas loin.
Sophie Rosemont
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