La chronique
Andrew Mayer Cohen, plus connu sous le pseudonyme Hawthorne, sémillant trentenaire caucasien d'Ann Arbor (la ville d'Iggy Pop) hébergé sur le label de hip hop éthique et pointu Stone Throw et entendu cette année sur un titre de l'album du DJ hexagonal SebastiAn propose avec How Do You Do un troisième album de soul classe mais sans prétention.
Héritier mélano déficient de Curtis Mayfield ou Smokey Robinson, élevé au biberon Lamont-Dozier-Holland, Mayer Hawthorne chante et compose une musique qu'on pourrait juger rétro tant elle semble provenir directement de ces années soixante où l'innocence et la savoir faire faisaient de Motown la B.O. de l'Amérique, et par conséquent de la planète. Voix de tête, piano et cordes sophistiqués, chansons chantournées, groove malin, Mayer joue la carte d'une Great Black Music d'autant plus respectée dans son essence qu'il en est un héritier choisi et non subi.
Il s'offre une participation fugace (on s'en rend à peine compte) de Snoop Dogg sur « Can't Stop », et aligne en solitaire (auteur, compositeur, producteur, chanteur...) une douzaine de titres à l'ancienne qui fleurent bon sa culture avancée de la musique populaire du XXème siècle. Des Beatles et Beach Boys (« Dreaming ») aux grands mythes de rhythm & blues sixties et seventies, c'est un véritable travail d'orfèvre, d'artisan d'art, qui tricote ses mélodies et tisse ses arrangements comme une petite main de haute couture.
Voilà un album totalement suranné, et tout aussi familier aux oreilles de ceux qui ont écouté la bonne musique des temps bénis. Du travail de ce Donny Hathaway 2.0, de ce fan passé pro, on retient effectivement la fraîcheur inhérente au propos, mêle si souvent on se dit qu'on a déjà entendu ça quelque part.
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