La chronique
M. Ward est de retour. Son absence n’a pas été longue : suite au succès de son Post-War en 2006, il compose quelques musiques de films puis livre Volume One, le premier épisode de ses aventures au sein du duo composé avec Zooey Deschanel. Néanmoins, toutes ces activités n’ont pas tari son inspiration, loin de là. Les quatorze morceaux qu’offre Hold Time le prouvent par leur égale qualité.
Hold Time séduit avant tout par sa cohérence. Malgré l’intervention de plusieurs artistes dont le talent n’est plus à démontrer (Adam Selzer, Lucinda Williams, Jason Lythle, Zooey Deschanel, etc.), l’album répond d’une réelle homogénéité. D’abord, du point de vue des mélodies, domaine où excelle M. Ward. De « For Beginners » à « Outro a.k.a I’m a Fool to Want You », l’harmonie est présente, servie par des rythmes country, un rock savamment rétro, des mélopées folk, et, surtout, le chant intemporel de M. Ward.
Celui-ci apporte également un soin tout particulier aux textes, empreints d’une certaine poésie, comme ceux du romantique « Never Had Nobody Like You » ou le pensif « Hold Time » à l’orchestration somptueuse. L’amour, la vie, la nature, les voyages, le proche, le lointain, bref la découverte sont le fil conducteur de ces chansons à l’ambiance pastorale. En témoigne le morceau « Shangri-La », qui désigne aussi bien une province chinoise qu’un pays imaginaire inventé par l’écrivain James Hilton dans son roman Horizon perdu. La recherche sémantique de l’ensemble n’exclut pas la pure et simple instrumentalité qui clôt l’album : « Outro a.k.a I’m a Fool to Want You ». Hold Time est donc à ranger parmi les meilleurs albums de M. Ward. Ce qui n’est pas tâche aisée vu l’exigence qu’il confère à toutes ses productions depuis les début de sa prolifique carrière. Sophie Rosemont
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