La chronique
On vous avait prévenus. Le nouvel Opeth sera un album plus progressif et surtout moins death. Correction, le nouvel Opeth ne sera pas death du tout. Ça, c'est dit ! Mikael Åkerfeldt a suffisamment annoncé la chose au cours des mois qui ont précédé la sortie d'Heritage. Un premier single (« The Devil's Orchard ») balancé sur le web en guise d'indice, des interviews expliquant que le groupe passait à autre chose... à défaut d'adhérer à la démarche, les fans ne pouvaient en aucun cas crier à la trahison.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que le père Mikael livre un album complet sans aucun grognement. Sorti en 2003, Damnation avait déjà plus ou moins annoncé la couleur. Considéré comme le second volet du duo qu'il formait avec Deliverance (2002), ce disque représentait le pendant calme et plus doux de la musique des Suédois, son petit côté folk et rêveur ayant fait des merveilles.
Huit ans plus tard, trois ans après l'excellent Watershed, Opeth livre un vrai album de rock progressif dont les racines sont profondément ancrées dans les seventies. Une évolution qui ne surprendra guère les plus fidèles ayant suivi de près la carrière du groupe. Contrairement à Damnation, Opeth n'a pas omis d'en remettre un coup côté double grosse caisse. Les guitares sont bien présentes. Le chant est plus posé mais la dynamique générale de l'album est pour autant loin de se tasser. Et c'est là la force du groupe : oser se passer d'une partie des éléments ayant forgé son identité sans pour autant perdre de son caractère. Car Opeth fait du Yes. Ou du Jethro Tull voire du Deep Purple.
S'il propose encore du nouveau à travers le titre « Famine » et son exotique intro de percussions, Heritage n'a pas oublié de livrer une bosse dose de metal à l'image de « Slither ». Reste l'incroyable travail de rythmique effectué par Axenrot et Mendez que l'on peut savourer dès que l'on passe la moitié de la chanson « Folklore ». Oui, Opeth a évolué. Mais il l'a fait en douceur et en ménageant ses fans. Un processus des plus naturels à nouveau chapeauté par Steven Wilson.
Une surprise qui n'en est pas vraiment une mais un réel plaisir à savourer toutes oreilles ouvertes. Après avoir sauvé le death metal, Opeth offre au savoureux rock progressif d'antan une cure de jouvence et un nouveau public.
Guillaume Ley
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