La chronique
Deux ans après Seventh Tree, Goldfrapp créée comme à chaque fois la sensation avec son cinquième album, Head First. Emmené par le single « Rocket », petit hymne pop qu'on croirait tout droit tiré d'un album de Ladyhawke avec ses synthés 80's et sa voix nostalgico-euphorique, le disque ne déroge pas à la règle du duo de Bristol : la relecture permanente d'un son 80's remis au goût du jour avec ses aspects glam évidents, et un sens du groove imparable.
Alison Goldfrapp et Will Gregory semblent avoir accouché de ce disque avec facilité. Contrairement à l'opus précédent, qui arrondissait les angles avec des mélodies plus étendues sur des chansons à écouter au coin du feu, Head First renoue avec le Goldfrapp d'avant, à savoir une exigence electro pop qui dresse des ponts entre les années 80 et aujourd'hui, sans jamais tomber dans le putassier. « Believer », « Dreaming » ou le très enlevé « Shiny and Warm » surfent entre sensualité assumée, esprit festif et désinvolture pop. La voix d'Alison Goldfrapp, que ce soit sur le faussement ringard « I Wanna Life » ou sur le planant « Voicething » s'avère toujours aussi séduisante.
Court (une trentaine de minutes pour neuf morceaux), Head First n'en demeure pas moins riche et rafraichissant. On pourrait reprocher au duo de faire dans la facilité, avec ses envolées pop attendues, ses tours de passe-passe electro d'un goût parfois discutable. Seulement voilà, Goldfrapp fait tout cela mieux que (presque) tout le monde : avec classe, charme et efficacité. Et une fois de plus, on plonge la tête la première.
Arnaud de Vaubicourt
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