La chronique
Déjà responsable d'un EP 4 titres paru en octobre 2009, Hindi Zahra avait enchanté le public lors de son passage au festival Rock en Seine (Paris) fin août cette année là. Chanteuse franco-marocaine artisane d'une musique empruntant autant aux musiques traditionnelles berbères qu'au folk, au blues, ou au jazz, Hindi Zahra descend d'une lignée de musiciens berbères et vit à Paris. Son premier opus, Hand Made, est un vrai condensé de son talent.
Ni jazz, ni folk, ni chanson, Hand Made est tout ça à la fois. Qu'elle chante en berbère (« Oursoul », « Imik Simik ») ou en anglais, Hindi Zahra transcende aisément l'étiquetage fourre-tout « musique du monde » pour tracer des lignes - pas toujours droites - entre différents styles musicaux. La voix légèrement voilée, le timbre gracile, les textes subtils : tout est réuni chez Hindi Zahra pour séduire d'emblée. Une fois passé le single très efficace et chaloupé qu'est « Beautiful Tango », l'univers de la chanteuse s'impose de lui-même. Que ce soit en déployant sa mélancolie (« Old Friends ») ou en insufflant une énergie colorée (« Stand Up »), Hindi Zahra fait montre d'une réelle palette d'émotions, à chaque fois portées par des arrangements de guitares, de piano, de sitar, de bendir endiablé (percussion maghrébine) ou de basse gnaoua...
Au final, les onze titres du premier album d'Hindi Zahra représentent onze histoires, onze vies dont le dénominateur commun serait la passion. Hindi Zahra voue un amour indéfectible à ses racines, tout en étant une chanteuse d'une modernité folle. Entre pop, jazz et blues, Hindi Zahra a cousu un album ambitieux et spontané, urgent et complexe. Un disque fait main. Un disque en satin.
Arnaud de Vaubicourt
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