La chronique
La chanteuse pop punk pour ados en baggies a grandi. C'est en tout cas ce qu'elle a voulu faire croire avec son quatrième album. Quatre ans après The Best Damn Thing, la Canadienne tente de s'attaquer aux charts sous un nouvel angle. Après les tubes à roulettes et les ballades rock, Avril Lavigne verse dans le mid tempo. Si le premier single « What the Hell » était un vrai hit en puissance, le reste du disque ne présente que trop peu d'intérêt. En moins de quatre ans, Avril Lavigne s'est mariée, a divorcé, a dû batailler avec son label pour pouvoir continuer à bosser comme elle l'entendait avant de voir la date de sortie de son album repoussée à plusieurs reprises. Des épreuves que l'on croyait à même de faire mûrir la jeune femme de manière évidente.
Il faut croire que cela n'a pas encore suffi. Fermement décidée à donner un peu plus d'elle même, la chanteuse a pris le pouvoir sur la majeure partie de ce Goodbye Lullaby. Elle produit certains titres et assure seule côté paroles et musique à plusieurs reprises. Preuve qu'elle s'affirme. Seulement, l'affirmation en question aurait méritée un peu plus d'accompagnement de la part de pros dont c'est le travail de pondre des vrais tubes planétaires. Car la plupart des morceaux livrés ici tombent relativement à plat. Les paroles restent au niveau des pâquerettes là où les arrangements de piano et de cordes souvent poussifs font du disque un pur produit pour jeunes filles au c?ur brisé utilisant les textes d'Avril Lavigne pour alimenter leurs blogs.
Les fans ultimes trouveront sûrement des qualités à un disque pourtant très linéaire pendant que les anciens accros ayant vieilli se tourneront vers d'autres artistes au son un peu plus adulte. A trop verser dans la ballade larmoyante, Avril Lavigne risque de ne retenir que l'attention des adolescentes là où ses précédents albums avaient réussi à accrocher des p'tits gars au passage. Ces derniers iront désormais écouter le prochain Sum 41, un disque sur lequel l'ex-mari de la miss semble pour sa part avoir conservé une bonne partie de sa niaque.
Guillaume Ley
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