La chronique
Pour ce troisième album, Jonathan Morali a décidé d’être moins mélancolique. Certes, le magnifique « Everything Else » qui ouvre le disque semble toujours de la même veine que les précédents – et pour cause, il a été écrit plus de trois années auparavant. Mais Ghost Days est plus lumineux, et les membres de Syd Matters semblent définitivement heureux de jouer ensemble, comme le témoigne l’évidente harmonie de l’instrumentation.
La guitare d’abord, comme le veut la tradition du groupe, mais enrichie de chœurs, claviers et cuivres parfaitement maîtrisés par Morali, Carles, Alexandre et Marguerit. Ces derniers semblent également avoir plus apporté de leurs inspirations à la composition de l’ensemble. Ghost Days est réussi, du folk atmosphérique de « Cloudflakes », à la ballade « Nobody Told Me», digne des plus beaux moments de Radiohead, en passant par les claquements de doigts de « It’s a Nickame» .
Syd Matters se fait également plaisir en jouant au jeu des sept familles et des clins d’œil, avec par exemple un « Big Moon » qui rend hommage au « Pink Moon » de Nick Drake, artiste fétiche de Morali. Ou les paroles « Shame On You Crazy Jackson » sur le titre « Ill Jackson », en référence au « Shine on You Crazy Diamond » de Pink Floyd… morceau écrit pour Syd Barrett – la boucle est bouclée.
Rassurons-nous, malgré cette nouvelle sérénité, le terrain de jeux préféré de Syd Matters reste les nuits blanches, la solitude, le malaise générationnel nourri par cette irrémédiable et charmante nostalgie dont Morali seul a le secret…
Sophie Rosemont
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