La chronique
On n'est pas dans la Californie des années 1980, mais bien quelque part du côté de Montréal, et aujourd'hui. Ce qui ne laisse pas d'effrayer quant à la course du monde, à l'instant de la sortie du quatrième album de cette bande d'amis de quinze ans, qui ont mis le Québec au centre d'une certaine immédiateté de la pop, concoctée par des adultes (les garçons sont plus que trentenaires) pour des supposés adolescents, et produite par leur compatriote Brian Howes, spécialiste du genre.
En matière d'invités, la Britannique Natasha Bedingfield rappelle assez curieusement par ses interventions dans un « Jet Lag » à deux voix une Go-Go's en petite forme, alors que le chanteur d'All Time Low Alex Gaskarth ne sauve qu'à grand-peine la rengaine synthétique de « Freaking Me Out ». Rivers Cuomo (Weezer) passe par « Can't Keep My Hands Off You », et aurait pu s'abstenir d'y incarner à tel point le vieux beau de service, et c'est à K'naan qu'on a confié, avec « Summer Paradise », la délicate mission d'incarner la caution tropicale (en l'occurrence, légèrement artificielle et faisandée, la caution).
Pour le reste, et lorsque le groupe est livré à lui-même, il réussit bien les choses simples (« You Suck at Love », chanson en ouverture, ne provoquera la migraine de quiconque, mais conserve un refrain efficace), et balbutie dès qu'il étale des prétentions plus élevées. Entre punch mécanique et mignardises de studio, Simple Plan rappelle en creux que la musique populaire est tout sauf un art simple à dominer, et que le temps qui passe affecte singulièrement les jeunes talents.
Ceci posé, le groupe conserve une certaine sincérité dans son offre de chansons faciles, textes particulièrement abscons, son éléphantesque, et inspiration balisée. On se situe ici dans une certaine forme artistique non recyclable, non vitale, et parfaitement dispensable. Constat établi, et au bout de la cinquième vodka-orange, Simple Plan peut constituer un combo précieux pour séduire la jeune voisine.
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