La chronique
Si JoeyStarr a pu adapter « Le Métèque » de Georges Moustaki, il n’en va pas de même pour « Gare au Gorille » de Brassens. La première version de l’album est donc retirée des bacs à la demande des ayants droit du Sétois moustachu, qui n’avaient pas donné leur accord pour une reprise. Ce qui fait d’emblée de ce disque un collector. On n’en attendait pas moins du solo de Joey Starr. Le rappeur a également retiré lui-même de son track-listing un titre anti-Sarkozy. L’album démarre en trombe avec le tonitruant « J’arrive » dont la partie instrumentale a été enregistrée par le groupe de néo métal Enhancer. Un coup de booster suivi d’autres titres énergiques, soutenus par le flow rocailleux du rappeur. Il n’oublie pas ses influences caribéennes dans « Hot Hot (Hâte-toi) » et « Pose ton Gun 2 », particulièrement réussis. Il n’a pas retourné sa casquette et aborde ses thèmes habituels, avec cette fameuse urgence de témoigner (« Chaque seconde »). On imagine parfois Kool Shen ressurgir et il revient… malgré lui dans « Bad Boy » ! Joey lui réserve dans ce titre un couplet pour le moins virulent. A lire au second degré, si l’on pense à la reformation postérieure de NTM… Cet album, réalisé par Dadoo est inégal mais reste à la hauteur du « Jaguarr Gorgone ».
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