La chronique
En 2005, le groupe revient à ses premières amours : l’énergie rock qui animait les chansons de Mange tes Morts, par exemple. Mais quinze ans plus tard, les prouesses de Denis Barthe, de Noir Désir, à la réalisation (et aux percussions sur « Chanson pour pieds » et « Latuvu ») fait gagner le propos et le son du groupe en efficacité. Car c'est bien la cohérence de Fragile, tant dans l’écriture que la composition, qui fait sa force.
Des titres au tempo effréné, taillés pour la scène, s’enchainent et s’écoutent presque à la suite, tels les différents chapitres d’une même histoire : « Constipé », « De Kracht » ou encore « Fragile ». Le clip de ce dernier titre, qui montrait une série d’accouchements entrecoupée des images de Christian Olivier chantant torse nu, fut banni des chaînes de télévision. Heureusement, Internet peut parfois venir au secours de l’art et l’on peut aujourd’hui constater en quelques clics à quel point l’image illustre brillamment le propos.
C’est la cohérence encore qui fait penser que « Je voudrais pas crever » est un nouvel essai transformé du parolier Christian Olivier, mais c’est au génial Boris Vian que l’on doit ce texte, déjà interprété par le groupe rock français Eiffel. Le non moins doué leader d’Eiffel, Romain Humeau, prend d’ailleurs part à cet album des Têtes Raides puisqu’il a arrangé et dirigé un quatuor de cordes sur la chanson « L'oraison ».
D’autres invités complètent cette énergique équipe, comme Rachid Taha, François Pierron, contrebassiste et arrangeur de Loïc Lantoine, Didier Wampas ou encore le chanteur du groupe The Ex. Le tout est ponctué des hilarantes incursions sonores « Je préfère », « Je comprends », et « Je préfère comprendre », une réussite.
Anne Yven
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