La chronique
Forces of Victory est à part dans la production reggae. Comme l'ensemble de l'oeuvre de Linton Kwesi Johnson, plus axée sur la parole et l'écriture que sur la musique.
Ici riddim, skank et autres trames musicales sont mises au service des textes et de leur signification. The Dub Band, emmené par le multi-instrumentiste et producteur Dennis Bovell, n'est pas des plus inventifs ni des plus brillants. Linton Kwesi Johnson, n'est d'ailleurs pas un chanteur, c'est un poète urbain, il déclame, il pose ses testes sur la musique.
« Want Fi Goh Rave », « Fite Dem Back » ou « Forces of Vicktry » sont écrits en patois jamaïcains, à travers ces textes revendicatifs, c'est toute la communauté carribéenne immigrée en Angleterre qui est défendue. Linton Kwesi Johnson s'insurge contre le mépris qui entoure les habitants de Brixton et des autres ghettos du Royaume Uni.
Forces of Victory est annonciateur des émeutes de Brixton, deux ans plus tard. Linton Kwesi johnson a choisi le reggae comme support à ses textes, sa collaboration exclusive avec The Dub Band montre qu'il se soucie peu de la musique en elle même. Forces of Victory n'en reste pas moins un album coup de poing.
François Alvarez
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