La chronique
Après le succès de Silent Shout, le troisième disque de The Knife, dont Karin Dreijer Andersson est la moitié féminine (avec son frère Olof), la chanteuse, guitariste et bidouilleuse electro a décidé de s’offrir un petit cadeau rien que pour elle, un projet solo nommé Fever Ray.
La question que l’on peut se poser d’emblée : y’a-t-il une différence significative entre le travail du duo suédois et celui de la solitaire Karin ? A l’écoute de ce premier album homonyme, la réponse est oui. Si le côté cold wave et la pop synthétique sont bien sûr conservés ici, ce Fever Ray a tout d’un projet personnel. Il s’agit d’un voyage intérieur riche en découvertes, et pas avare en trouvailles sonores. Beats malades, nappes de clviers improbables mais finalement évidentes… Karin Dreijer Andersson livre ici un disque sombre (voir les clips de « If I Had a Heart » et de « When I Grow Up »), entre minimalisme electro et grandiloquence pop.
Les arrangements obscures du disque (nappes de synthés, volutes de chœurs vaporeuses) alternent avec une certaine violence contenue, des beats effrayants et une ambiance toujours glaciale, aux confins d’une cold wave electro pop que n’aurait pas renié Aphex Twin… ou Björk, si l’on considère une partie de leur travail. Puissant, mélancolique, torturé et tortueux, ce premier disque solo de la suédoise confirme le talent de celle-ci, et donne envie de se pencher un peu plus sur The Knife et tout l’univers qui entoure ce mystérieux duo scandinave.
Arnaud de Vaubicourt
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