La chronique
Le flou de l’illustration du livret explicite le caractère impressionniste des chansons de Holden. Et le néologisme du titre indique qu’on pourra se situer (et c’est le cas dans au moins quatre chansons) à la périphérie de la réalité, dans cet univers où l’imaginaire, et les sensations, prédominent.
Cette quatrième production d’Holden rayonne dans l’unicité de textes décalés, de musiques surprenantes (comme surgissant au coin du bois), et de l’étrangeté d’un nouveau, et brillant, volet de la pop française la plus avant-gardiste qui soit. Toujours enregistré au Chili (une compilation des trois premiers albums du groupe est d’ailleurs en chantier pour le marché de l’Amérique latine, et une chorale autochtone participe même à la chanson « Un toit étranger »), et toujours produit par Atom, artisan fantasque et germanique, Fantomatisme loue l’hédonisme de la musique, le plaisir de vivre en studio pour créer, et le bonheur d’être baigné de la lumière de Santiago.
Comme à l’accoutumée, Holden choisit de ne pas choisir entre ses différentes passions (pour le folk, les discrets bidouillages électroniques, ou, ici, le bluegrass et la musique enracinée), et différentes harmonies. Se succèdent alors un vibraphone éthéré, des crissements de machineries non identifiées, et des claviers aux sonorités perdues dans la nuit des temps (en fait, les années soixante), le tout pour une ambiance que le duo Mocke/Pioline a voulu comme un arc-en-ciel après le passage d’un ouragan dévastateur. On n’est pas obligé de tout comprendre, mais il est permis de se laisser bercer par ces couleurs irisées. Christian Larrède
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