La chronique
La mention peut prêter à sourire, mais l’indication The Reverend explicite parfaitement que, malgré cette incursion dans la musique profane, Green reste un homme d’église, et on est bien content pour lui. Par ailleurs, second volet du retour aux affaires de la chanson qui grimpe dans les hit-parades pour Al Green, et confirmation, avec, de nouveau, la présence de Willie Mitchell aux manettes de la production, de la reconstitution de la paire magique de la soul des années soixante-dix, ce disque est magnifique, comme jadis. La mention n’est pas anodine, tant on a le sentiment de retrouver ici les mêmes parfums que dans les albums triomphaux du début de carrière de Green. Qui chante toujours aussi merveilleusement bien, première bonne nouvelle. Qui compose des chansons émouvantes avec une capacité intacte à définir un monde en trois minutes. Et qui est toujours aussi bien encadré par la production de grande classe de son compère (il faut du talent pour faire sonner pareillement une section de cordes, sans mièvrerie). Al Green invente ici l’immortalité de la chanson d’amour, et le temps qui interrompt son cours. Chapeau bas. Everything’s OK intègrera le Top 50 des charts américains, et ce n’est que justice.
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