La chronique
Attendu, comme jadis les enregistrements de son père, par une invraisemblable cohorte de fans énamourés, le nouvel album d'Enrique Iglesias met fin à trois années de silence (Insomniac date de 2007), et quelques initiatives caritatives (un chanson pour Haïti, et le nouvel enregistrement de « We Are the World » en compagnie de l'usuelle troupe de stars). Il est surtout présenté comme le premier album du Madrilène (et son neuvième effort en studio), compilant des refrains anglo-saxons et espagnols.
Conçu comme une opération d'imparable marketing, Euphoria accueille une kyrielle de petits copains célèbres (le rapper sénégalais Akon, l'incomparable star dominicaine Juan-Luis Guerra, ainsi que le duo porto-ricain Wisin and Yandel), et un producteur dans le vent du buzz (RedOne, artisan du son de Lady Gaga). Enrique a mis la main à la plupart des compositions, et, dans leur genre, les quatorze titres constituent autant de tueries imparables. De l'envol romantique de « Cuando Me Enamoro » à l'electro sauvage de « I Like It » (Pitbull) et sa citation du « All Night Long » de Lionel Richie (on lève les bras, et on saute tous ensemble, face à un hymne qu'on suppose triomphal dans les arènes gigantesques), en passant par un hommage induit à Michael Jackson (« Dirty Dancer »), difficile d'échapper à ces refrains addictifs, et ces rythmes roboratifs.
Tout aussi confortable dans le reggae (« One Day At A Time ») que dans les ballades déchirées (« Ayer »), Iglesias démontre avec Euphoria son extrême efficience professionnelle. En outre, il est de plus en plus beau, ce qui est, certes, agaçant, mais devrait faire de cet album le triomphe incontestable de la saison
Christian Larrède
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