La chronique
Il aura fallu pratiquement un an à Julien Doré pour produire et enregistrer son premier album Ersatz.
N’ayant subi aucune pression, il a pu prendre son temps et choisir les collaborateurs qu’il voulait et la ligne directrice qu'il souhaitait. C’est donc sans étonnement que figurent à ses côtés deux personnalités réputées pour leurs productions : Renaud Létang (Alain Souchon, Manu Chao, Katerine) et Antoine Gaillet (Arman Méliès, Les Wampas). Voici pour la réalisation.
Côté interprétation, les participants sont aussi fameux : le grand Christophe immortalise de sa présence de choriste de luxe les deux perles du disque, « Bouche pute » et « Pudding Morphina », tandis que Morgane Imbeaud du duo Cocoon, intervient sur la ballade d’ouverture aux accents folk « Acacias », de la même façon que le Belge Arno donne de la prestance au duo au sommet « De mots ».
Alors que le premier single « Les Limites » sonne très sixties, Julien Doré surprend davantage avec le reste de l’album, complètement différent. Habitué à utiliser sa voix comme un instrument, et à jouer de sa puissance, il prodigue un numéro d’équilibriste sur la majorité des titres, des ballades tranquilles et mesurées ou la sensibilité est le maître-mot. Ce qui a pour effet de mettre en valeur cette voix rauque si particulière, pas très éloignée d’un Alain Bashung, en particulier dans « Les Bords de mer ». Sa fantaisie reprend le dessus quand il s’essaie à faire du Katerine (« Soirées parisiennes »).
Dans ce disque très personnel où le chanteur-dandy s’est totalement impliqué à l’écriture (« Bouche pute », « Piano Lys ») ou dans les arrangements, il reste au final un artiste au charisme certain et à la personnalité troublante, au-delà des relectures abstraites.
Jamila Wahid
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