La chronique
Avec Equal Rights, Peter Tosh frappe de nouveau très fort. Béret de guérillero vissé sur le crâne, barbiche de prophète pointée au vent, il annonce clairement le contenu de l’album, du reggae politique et protestataire.
Tous les thèmes qui lui sont chers sont présents, la diaspora africaine, la lutte contre l’apartheid, la reconnaissance des rastas. La voix de Tosh martèle, scande ces thèmes, son phrasé est moins coulant que sur Legalize It, Peter en oublie même la création musicale qui est reléguée au second rang.
Sa version de « Get Up, Stand Up » est puissante mais ne supplante pas non plus celle des Wailers, « Downpresser », « Stepping Razor » ou « Jah Guide » sont de bons titres qui laissent un sentiment d’inachevé, si Peter Tosh s’était plus investi sur la musique en elle-même plutôt que sur le sens des paroles ; Equal Rights aurait pu aller plus loin, devenir un album de combat quand il n’est resté que le cri isolé d’un homme parfois trop fougueux, trop intègre.
Malgré la présence de Sly & Robbie, Earl « Wire » Lindo et même Bunny « Wailer » Livingston venu donner de la voix aux côtés de son ancien compère, Equal Rights est un album qui ne tient pas toutes ses – énormes – promesses et reste marqué par le contexte politique d’une époque.
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