La chronique
Réservé à un « marché de niche », le Congolais Jessy Matador a bénéficié au printemps 2010 de l'effet Eurovision, en représentant la France au fameux concours de variété introduit par le Te Deum de Charpentier. Dans la foulée de cet exploit (une « normale » douzième place !) qui lui valut un premier rang fugace au top 50 singles, avec l'hymne « Allez Ola Olé », Matador a livré un deuxième album aussi prévisible que son tube pour les campings.
Les paroles sont évidemment navrantes, pour ne pas dire inexistantes (« on se lève tous pour danser » est l'unique message, répété à l'envie). On n'attendait pas à ce que ce genre de musique fasse concurrence à Jean Ferrat, mais dans le genre ethnicommercial, on a eu tort de s'habituer à du fond avec Kassav' ou Bisso Na Bisso, voire du deuxième degré avec Magic System.
L'idée unique du projet est donc de marier le son club de l'electro, dans sa version la plus simpliste (David Guetta, à côté, c'est Mozart, ou plutôt Daft Punk) avec un assortiment de zouk, coupé-décalé, soukouss et autres rumba, ce qui donne un gumbo indigeste, où les percussions électroniques envahissantes et les gimmicks sonores sans imagination défilent au kilomètre, tandis que le piètre chanteur qu'est Jessy Matador (un danseur, au demeurant) s'époumone en appels au peuple à s'esbaudir.
On argumentera que c'est là de la musique destinée, en effet, à l'exécution publique dans des circonstances festives. Elektro Soukouss n'est certes pas un disque à écouter chez soi, dans un acte solitaire et musicophile ! Il n'en reste pas moins qu'on peut aussi danser sur des sons plus exigeants.
Jean-Eric Perrin
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