La chronique
Clive Davis, le mentor de tant de superstars du disque depuis une quarantaine d’années, a sans doute trouvé en la gagnante du X Factor britannique une remplaçante à sa diva perturbée, la très médiatique mais désormais usée Whitney Houston. Leona Lewis a tous les arguments pour chausser ses escarpins : un physique voisin de liane caramel aux traits purs, et une voix à l’avenant de son aînée, à laquelle on ajoutera la malléabilité de rigueur pour devenir une interprète de R&B adulte majeure.
Après le succès planétaire de son premier opus, Echo vient enfoncer le clou à coups d’up tempos proprets (« Outta My Heads » aux accents à situer entre Kim Wilde et...Cascada !) et de ballades lancinantes. Le tout semble calculé par ordinateur pour offrir un moyen terme entre le son euro pop et le son R&B américain. C’est donc lisse à l’extrême, produit de façon rutilante, mais sans la moindre trace d’émotion palpable. Les possibilités vocales de Leona Lewis sont mises au service d’exercices de démonstration, parfaitement réalisés, voire bluffantes, mais on reste sur l’impression d’avoir affaire à une Mariah Carey en produit générique.
Une impression de marketing confirmée par le choix de proposer sur l’édition européenne une reprise raffinée d’Oasis (« Stop Crying Your Heart Out ») qui viendra consoler le banquier de Noel Gallagher de la fin de son CDI (c’est le sommet épique de l’album, et elle y fait forte impression), tandis que les Américains ont droit à une deuxième chanson de Justin Timberlake. Le beau gosse du R&B contemporain apporte production et duo sur « Don’t Let Me Down », mais reste en retrait, en gentleman qui évite de tirer la couverture à lui. « Happy », le single éclaireur, est un bon condensé du projet, un album soyeux, riche, sans surprise, où la production est tout entière au service d’un personnage, une diva en cours de construction.
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