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No One Is Innocent

Drugstore

No One Is Innocent
Album
Durée : 37:11
Genre : Rock Français
sur 0 votes
Naïve, 2011
Label: Naïve
MP3 - poids : 85,9 Mo
Interprète(s) : No One Is Innocent
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MP3
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Écouter un extrait 01 - Cheri Moog 03:18 0,99€
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Écouter un extrait 06 - Qui je suis 03:11 0,99€
Écouter un extrait 07 - Come On 03:47 0,99€
Écouter un extrait 08 - Hurry up (City Boys) 03:02 0,99€
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Écouter un extrait 11 - Johnny Rotten 03:38 0,99€

La chronique

Avant de prendre de longues vacances, No One Is Innocent enregistre en 2007 « La Peur », chanson en bilan sarcastique de l'action d'un président de la République qui va, et vigilance vis-à-vis d'un président qui vient. Même si cela ne justifie pas forcément l'enregistrement d'un nouvel album, le moins que l'on puisse dire reste que l'Arménien Kémar Gulbenkian et ses compagnons de route faisaient alors preuve de la plus extrême des perspicacités.

Mais, au fait, qu'est-ce qui peut valider un nouveau disque ? De nouvelles choses à (pro)clamer (et le choix de le faire désormais très majoritairement en français) ? L'appréhension de la sclérose ? Ou le sentiment persistant que, somme toute, on est bien que dans cet exercice (et les concerts qui vont avec), et bon qu'à cela ? On est prêt à parier que le tout a présidé à la genèse d'un Drugstore qui, par sa chaleur humaine, les odeurs (et bruits) étranges qui y planent, et sa disponibilité de chaque instant à générer danse et réflexion simultanées, s'apparente plutôt au sympathique épicier arabe de quartier.

Pour le plaisir et tout d'abord, le groupe parisien éprouve une maligne jouissance à jouer avec les sonorités (le satiné « Cheri Moog » d'ouverture), les tempos (du talking-blues et très intime exercice d'introspection portant sur la problématique de l'identité nationale de « Qui je suis », enregistré en duo avec Guizmo de Tryo, à la techno élégiaque de « Drugs », en passant par la pulsion urbaine de « Hurry Up (City Boys) »), et les étiquettes : de la techno à la chanson française et au rock, qui retrouvera ses petits ? Puis, le disque édifie des barricades face aux fâcheux : ceux qui escomptent mener le monde comme autant de messies auto-proclamés (« Le Monde entier »), et ceux qui veulent nous faire prendre les paillettes électriques de la vaine agitation urbaine pour des phares de la raison (« Paris »).

Enfin, le constat est net : à l'occasion de ce cinquième album, et conscient que l'âge d'or de la fusion versait désormais dans la nostalgie, Kémar (seul rescapé du line-up originel, à l'exception du guitariste Shanka, présent depuis le troisième épisode) a choisi d'élargir le prisme de son inspiration, et de goûter à de nouvelles ivresses mélodiques (on peut sans rougir évoquer quelques fondamentaux de la pop). Moins brutal, moins aride, mais peut-être plus profond, Drugstore lorgne donc, mais sans putasserie, vers l'univers des dance-floors, puisque, comme chacun sait, la révolution se fera en dansant, ou ne se fera pas. Les nostalgiques des jours anciens pourront se consoler avec « Johnny Rotten », conclusion survitaminée du disque, et évocation d'une algarade entre le groupe et le musicien anglais.

Tous les autres se réjouiront de ces bonnes nouvelles de ces étoiles du rock hexagonal, qui ont vieilli (nous aussi), tentent de ne pas stagner (nous aussi), et d'apparier rage et sentiment républicain dans un même c?ur (nous aussi).

Christian Larrède

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