La chronique
Laurent Korcia a l'art d'accomoder les salades musicales en mêlant un peu de classique, de jazz, d'airs tziganes et d'autres populaires, pour le bonheur de tous. Le violoniste prodige peut s'autoriser ce genre d'entorse, y compris sur un précieux Stradivarius de 1719, tant il maîtrise toutes sortes de styles et de partitions.
Cet opus au casting éclectique est une nouvelle preuve de sa versatilité et de son accomplissement, en proposant des oeuvres guère faciles de Claude Debussy, Bela Bartok, Maurice Ravel et Henryk Wiesnawski, mais aussi de Django Reinhardt (« Minor Swing », « Minor Valse », « Minor Tango »), Stéphane Grappelli (« Les Valseuses »), Michel Legrand (« Les Parapluies de Cherbourg ») et...Laurent Korcia. Dans cet exercice plaisant et non pédant, le Premier Prix de Conservatoire est accompagné par les pointures Michel Portal, Nemanja Radulovic, Tatjana Vassilieva, Florin Niculescu, Jean-Philippe Viret, Michael Wendeberg et de...Jean-Louis Aubert (« Si vous l'aviez compris »).
La guitare manouche est ici troquée contre une contrebasse, apportant une sonorité inédite aux pièces concernées. Les pièces d'origines bien différentes forment un ensemble surprenant mais cohérent dans son traitement. Les quatre Duos Sz. op. 98 de Bartok voisinent avec Tears sans qu'aucun des deux ne s'en plaigne. Laurent Korcia a bien réussi son coup.
Loïc Picaud
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