La chronique
Le syndrome du deuxième album, souvent moins réussi que le premier, est en partie évité par CSS et leur Donkey. L'effet de surprise est passé, les turbulents étudiants de São Paulo se muent en musiciens professionnels et perdent au passage un soupçon de fougue. L'aspect brinquebalant, qui donnait tant de charme aux compositions de Cansei de Ser Sexy, est remplacé par un rock énergique et dansant mais assez conventionnel.
« Let's Reggae All Night », qui n'a rien d'un reggae, rappelle Tom Tom Club et ses claviers sautillants. « Left Behind » bénéficie d'une introduction originale pour se convertir trop vite en chanson pop prévisible. « How I Became Paranoid » est soutenue par un refrain de guitare convaincant, tandis que « Move » s'enlise dans des références new wave plutôt lourdes. « Believe Achieve » est le titre le plus convaincant, sans pour autant atteindre la jubilation de « Alala » et autres « Alcohol ».
L'exubérance de CSS vaut tous les plans marketing ; leur fraicheur n'est pas un plan de carrière, Cansei de Ser Sexy est un groupe précieux par sa créativité spontanée. Donkey est un album trop standardisé pour que la diversité de leurs talents puissent complètement s'y exprimer.
François Alvarez
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