La chronique
Dans Ma Bulle, la troisième oeuvre de Diam's, est le disque de la consécration. Dans ce best-seller de l’année devançant les têtes couronnées de la chanson française, la rappeuse y déploie son habituel franc-parler, restant fidèle à son image de combattante.
A l’instar du titre autobiographique « Petite banlieusarde », l’album reprend les thèmes déjà abordés par l'artiste, face à des détracteurs doutant de sa sincérité suite au succès fulgurant de Brut de Femme : « Au-delà de la musique j'ai surtout rencontré l'amour du public et reste la petite banlieusarde ». Cassant les idées reçues avec classe, Diam’s n’a pas peur de revendiquer sa place dans le milieu du rap, refusant les clichés du r’n’b avec ses rimes assassines et efficaces qui tiennent tête aux plus durs.
La rappeuse est particulièrement douée dans l’utilisation du champ lexical de son époque. En saisissant les expressions à la mode, elle reste proche de sa génération et des plus jeunes. Sur un autre plan, celui du militantisme, elle se bat pour un sujet qui lui tient à cœur : le droit des femmes, dans « Par amour ». Sans relâche, Diam’s continue à blâmer la violence au quotidien. Dans « Ma France à moi » et « Marine », lettre ouverte à l’élue du Front National, Diam’s fait connaître sa ligne de conduite et incite sa génération à participer au vote.
Pour ne pas frôler la surdose d’engagement, Diam’s s’accorde une pause avec « Jeune demoiselle », titre en forme de petite annonce pour trouver « le mec mortel » qui la fera « kiffer », et livre une adresse email. Résultat : des dizaines de milliers de réponses électroniques lui parviennent.
Mais le titre emblématique et le grand succès reste « La boulette », critique au vitriol adressée à la « génération nan nan ». Ce n’est pas seulement la jeunesse qui adopte le slogan, mais bien un large public conquis par ses vers et sa verve.
Michaël Monnier
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