La chronique
Dans la forme, la chanson d'ouverture de cennouvel album (presque le trentième, disque en studio et en publicnconfondus, mais on s'y perd un peu), relève de l'objet parfait :nintitulée « Marley » (et composée par un certainnYusuf Islam, mieux connu sous le nom de Cat Stevens), il s'agitnd'un reggae enregistré dans les mythiques studios jamaïcains denTuff Gong (toujours propriétés de la famille Marley, ils restentnl'un des rares endroits musicaux à résister à l'envahisseurnculturel américain), à Kingston.
Après avoir triomphé grâce ànla musique du film d'animation Kirikou, et rendu hommage ànl'Islam (l'album Egypt se verra gratifié en 2006 d'unnGrammy Award), le plus célèbre chanteur du Sénégal rencontrenenfin la musique qui fut la première à porter les espoirs et lesncombats du Tiers-Monde.nLesntreize chansons de Dakar-Kingstonn(nouvelles compositions, ou titres classiques revisités, teln« Bamba »,nqu'on avait découvert dans l'album ThenGuide (Wommat))nont, comme l'indique l'intitulé, énormément voyagé, et plusnencore dans les différents registres du genre : N'Dour y estnen effet accompagné du saxophoniste Dean Ivanhoe Fraser, sur lanbrèche (de Dennis Brown à Sly & Robbie) depuis le milieu desnannées soixante-dix, du poète dub Allan Hope Mutabaruka, dunlégendaire claviériste Tyrone Downie, ou encore du guitariste EarlnChinna Smith, qui, également blanchi sous le harnais de Max Romeo ounBurning Spear, et a même en son temps accompagné notre Pierpoljaknhexagonal.
Au chapitre des invités, on relèvera la présence dunpléthorique (huit enfants du prolifique Denroy Morgan) MorgannHeritage (que l'on peut apprécier dans « Don'tnWalk Away »),nde Patrice (enfant de Cologne, mais Sierra-Léonais par son père),net d'Ayo (dans « Africa,nDream Again »),nchanteuse elle aussi allemande, mais qui trace depuis plus de quinzenans son sillon dans le folk, la soul, et le reggae. Il fallait unenforte personnalité, et une sensibilité musicale hors-normes pournassembler la disparité de ces inspirations : l'empereur dunmbalax relève le défi avec l'élégance racée dont il estncoutumier.
N'ayant pas abandonné ses préoccupations sociales,ncelui qu'on surnomme l'enfant chéri de la Médina y poursuitnégalement son combat au profit de l'unité africaine. nnLansaveur de cet investissement reste naturellement qu'il se fait dansnle rythme chaloupé bien connu : les cuivres claquent, le chantns'enroule autour de la basse et des percussions, et Youssou N'Dournsigne une nouvelle réussite, mêlant réflexion et danse, sens etnson.n
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