La chronique
En 2006, le premier album de Vampire Weekend connaît un succès mérité. Car leur musique, faisant le choix de marier la pop à des genres musicaux africains comme le soukouss congolais, sans pour autant renier la musique de chambre dont le groupe est adepte, est un exemple d’harmonie. Le rock connaît alors un souffle nouveau grâce à ce quatuor prodige fraîchement diplômé de musicologie.
« In December, drinking horchata / I’d look psychotic in a balaclava » chante dès les premières notes Ezra Koening. Des violons balnéaires d’ « Horchata » aux percussions vénéneuses de « Cousins », le ton est donné. Contra est aussi réussi que son prédécesseur. Et peut-être plus abouti encore.
En effet, Vampire Weekend réitère ici la potion magique d’une new-wave d’inspiration new-yorkaise résolument pop mariée à des sonorités sensuelles et africaines. Moins léger que Vampire Weekend, Contra décline les émotions au fil des chansons, que ce soit l’endiablé « California English » ou le plus désenchanté « Taxi Cub ». « Run » ou « Giving Up the Gun » sont des exemples d’appels à danser, le sourire aux lèvres et, si possible, un cocktail à la main. Quant au dernier morceau, « I Think U’re Contra », il termine avec douceur et mélancolie un album ultra dynamisant.
Claviers aériens, cordes aussi acoustiques et nostalgiques, percussions discrètes, chant parfaitement maîtrisé d’Ezra Koening : le titre est une réussite à l’image de l’ensemble de ce second album. Contra est à la hauteur de toutes les espérances, aussi hautes soient-elles.
Sophie Rosemont
Réagissez