La chronique
Konono N°1 produit la musique world la plus étrange qu'il soit donner d'entendre aux oreilles occidentales bercées par le rock. Pourtant, c'est sous les applaudissements d'un public ravi que la formation congolaise de Mawangu Migiendi a conclu son concert au festival des Eurockéennes à l'été 2005.
Cette année-là est paru le premier album studio du groupe, Congotronics faisant suite au live Lubuaku sorti en toute confidentialité. L'opus est un mélange détonnant de transe africaine rythmée par une armée de likembés et de sonorités électroniques provenant de divers transistors et amplis trafiqués. La puissance de l'ensemble se révèle autant efficace dans les thèmes courts comme l'instrumental « Kule Kule » que dans les grandes pièces chantées avoisinant les dix minutes (« Lufualu Ndonga »), ou le morceau de bravoure « Paradiso ».
Parfois, Congotronics donne plus à croire qu'il s'agit de l'oeuvre d'un collectif post-expérimental électro-acoustique que d'un rassemblement de musiciens ayant grandi à Kinshasa. Konono N°1 livre là un album qu'on peut qualifier de « musique du monde » dans le sens où il relie des univers musicaux très éloignés, et déjà culte.
Loïc Picaud
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