La chronique
La photo de pochette reste suffisamment énigmatique pour que l’on s’interroge sur la guitare en surimpression (l’homme, plus important que le musicien ?), et sur l’attitude presque christique du chanteur. Tout du moins prêt à rendre les armes.
u000d Donc, ces temps-ci, Aubert ne va pas très bien, un peu en Corse, un peu seul, un peu perdu dans des fêtes très alcoolisées avec les amis formateurs (Kolinka et Bertignac), mal à l’aise dans la gestion des antagonismes. Alors, il se confie pour la première fois à un producteur (Renaud Létang a travaillé avec Manu Chao ou Alain Souchon), et offre des vacances au batteur de toujours (Kolinka est remplacé par Fabrice Moreau, demi-frère de Patrick Bruel).
u000d Assez paradoxalement, cet abandon de contrôle ouvre la porte à des chansons introspectives, dominées par les sonorités acoustiques (quelques touches d’electro, ici ou là), et nourries de petits choses, des observations impressionnistes, un soupçon de colère adolescente, et ces faits sans importances qui construisent une vie. L’ensemble baigne dans une atmosphère retenue qui peut désarçonner (tout cela ne fait pas beaucoup de bruit, tout de même), puis intriguer, puis séduire. Pas de tubes au programme, mais pas mal de déchirures.
u000d Demain, Aubert s’embarquera dans l’une des tournées pléthoriques dont il a le secret. Et demain, forcément, cela ira mieux.
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