La chronique
?Cole World: The Sideline Story fait partie de ces albums qui font du bien. D'abord au rap dans son entier qui semble parfois écartelé entre l'underground et les productions à grand spectacle où il est noyé de refrains pop, de rythmes dance, ou de vocalises R&B, quand ce n'est pas les trois à la fois.
Or, J. Cole choisit lui la voie d'un rap authentique, d'un rap nourri de l'exemple d'artistes comme 2Pac, Nas, ou Ice Cube. Sans tomber dans le hardcore, J. Cole garde une rudesse salutaire à son rap et à son flow, et c'est tant mieux. Une brutalité d'autant plus relative que la production de Cole World: The Sideline Story - qu'il signe en majorité - est tout simplement grandiose.
Passé l'indispensable intro, c'est « 2 Dollar and a Dream III » qui déboule avec son piano obsédant, puis vient l'admirable « Can't Get Enough » avec Trey Songz et un sample africain particulièrement bien vu des guinéens de Balla et ses Balladins. Ambiance de rumba africaine garanti et relents latinos alanguis du meilleur effet.
Son mentor Jay-Z intervient sur un « Mr. Nice Watch » electro en diable, ou comment utiliser les sons actuels sans dénaturer le rap. La désormais rarissime Missy Elliott se réserve le droit d'intervenir sur « Nobody's Perfect » et sa lente et lourde montée en puissance. Une apparition qui est une forme d'hommage au talent de J. Cole, à n'en pas douter.
Après trois mixtapes convaincantes, J. Cole assène un avertissement retentissant avec Cole World: The Sideline Story, le rap grand format est de retour. Et il en est l'un des plus sûrs espoirs.
François Alvarez
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