La chronique
Il faudra désormais l'appeler Chimène, sans Badi. Un renouveau patronymique en adéquation avec cet album différent au titre explicite Laisse Les Dire. L'artiste souvent critiquée musicalement, voire moquée sur des critères physiques semble vouloir laisser derrière elle les mauvaises ondes.
La chanteuse a choisi pour ce disque enregistré à New York avec l'Américain Scott Jacoby, des sonorités soul, funk, voire blues, loin de la variété française pâlotte à laquelle elle nous avait habitués. En témoigne le titre d'ouverture très réussi « J'ai lu ton nom » qui donne une sérieuse envie de battre la mesure ; il aurait fait office de meilleur single que « Laisse les dire », à la mélodie plus effacée. Même ambiance énergique avec cuivres et ch?urs dans « Frôlé l'amour ».
Chimène fait moins preuve de prouesse vocale, un choix souvent risqué, entre quête d'un nouveau public et conservation des fidèles. Même sur les jolies ballades feutrées « En équilibre » et « Plus de devoirs que de droits », la chanteuse s'est délivrée du pathos qui la faisait davantage être comparée à Mireille Mathieu que Duffy. L'artiste propose tout de même des airs classiques « Un jour de trop qui passe », «La remontrance », moins pertinents face à l'ambition de l'album.
Grand Corps Malade, renfort de la chanson française a écrit « En vous », sempiternel hommage « à la Barbara » d'un artiste à son public, mais présentée ici sous forme d'une soul rondement menée. Les textes sont dans l'ensemble simples mais n'ont pas à rougir face à la prose d'autres artistes. La chanteuse évoque ses liens familiaux sur un arrangement acoustique (« D'une fille à sa mère ») et la violence conjugale en piano-voix (« L'amour ne suffit pas »). A l'heure où la carrière d'un artiste issu d'un télé-crochet reste fragile, Chimène mérite une nouvelle écoute.
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